
La santé mentale et sexuelle reste un sujet tabou dans la société rwandaise, avec des conséquences préoccupantes : grossesses non désirées, propagation d’infections sexuellement transmissibles, surcharge des familles vulnérables et troubles psychologiques non pris en charge.
Pour répondre à ces défis, l’Organisation de la presse francophone au Rwanda (OPFR), en partenariat avec l’Association Santé Mentale Suisse-Rwanda, a organisé une formation à l’intention des journalistes, afin de renforcer leurs capacités et sensibiliser davantage le public.
La psychiatre et sexologue Dr Patana Mulisanze a rappelé que « la santé mentale est un pilier du bien-être » et que le manque d’information entraîne de graves conséquences. Elle a mis en évidence leurs impacts multiples :
Physiques : troubles du sommeil, migraines, maladies cardiovasculaires ;
Cognitifs : pertes de mémoire, difficultés de concentration ;
Émotionnels : anxiété, perte d’estime de soi ;
Sociaux : isolement, conflits familiaux ;
Professionnels et éducatifs : baisse de productivité, absences répétées ;
Graves : dépendances, maladies chroniques, risque de suicide (près de 800 000 décès par an selon l’OMS).
Le président de l’OPFR, Patrick Nyiridandi, a souligné que cette formation « permettra aux journalistes de produire des contenus plus instructifs et professionnels », tout en remerciant le Rwanda Governance Board, l’Ambassade de France au Rwanda et l’Association Suisse-Rwanda pour leur soutien.
Michelle Iradukunda, journaliste, a constaté un changement de perception :
« Au début, ces thèmes étaient perçus comme tabous. Aujourd’hui, les retours des auditeurs montrent qu’ils sont non seulement nécessaires, mais aussi appréciés. »
Peacemaker Mbungiramihigo, Analyste des politiques médiatiques (Media Policy Analyst) du Rwanda Governance Board, a reconnu les défis liés aux tabous culturels et aux ressources limitées, tout en appelant les journalistes à « continuer d’éduquer le public avec éthique et à réduire la stigmatisation ».
Vers une société plus consciente
Cette rencontre a rappelé une vérité essentielle : parler de santé mentale et sexuelle n’est pas une option mais une nécessité. Former les journalistes à ces thématiques contribue à bâtir une société mieux informée, plus inclusive et résiliente face aux défis du XXIᵉ siècle.
Marie Chantal Nyirabera







